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- 3 mars
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Dernière mise à jour : 3 mars
Dernière mise à jour : 3 mars

28 février 2026 | Montréal
Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, Vizyon Munal / Akadémie X organise un atelier d’étude consacré à l’Acte d’Indépendance de 1804.
Cet atelier, animé par l’historienne Bayyinah Bello, fondatrice de Fondasyon FÉLICITÉ, propose une lecture intégrale, une analyse rigoureuse et une compréhension stratégique de ce texte fondateur.
Mais pourquoi lire ce document aujourd’hui ?
La réponse se trouve, en partie, dans l’œuvre de Carter G. Woodson.
Dans The Mis-Education of the Negro, Carter G. Woodson explique qu’un peuple privé de ses textes fondateurs est un peuple privé de ses outils de défense.
Il écrit que des milliers d’enfants noirs n’avaient pas accès aux livres contenant la Déclaration d’indépendance ou la Constitution des États-Unis. Pourquoi ?
R: Parce que, dit-il, s’ils lisaient ces documents, ils pourraient apprendre à défendre les droits qui y sont garantis.
Le problème n’était pas seulement éducatif. Il était politique.
Un peuple qui ne lit pas ses textes ne comprend pas le cadre juridique qui régit sa vie.
Chaque 1er janvier, nous célébrons l’indépendance.
Nous honorons la mémoire. Nous partageons la Soupe de l’Indépendance. Nous rappelons l’événement.
Mais combien d’entre nous ont réellement lu l’Acte d’Indépendance ?
Pendant longtemps, moi-même, je célébrais sans avoir pris le temps de lire le document dans son intégralité.
Or, un texte fondateur n’est pas un simple symbole. C’est une architecture juridique et politique.
Il faut poser les vraies questions :
Que prévoyait le droit international en 1804 ?
Quel était le cadre juridique en vigueur ?
Comment un nouvel État accédait-il normalement à l’indépendance ?
Existait-il une procédure reconnue ?
Y avait-il des précédents comparables ?
La réponse est essentielle :
L’indépendance d’Hayti fut une déclaration unilatérale.
Le droit international de l’époque, structuré par les puissances coloniales européennes, n’avait pas prévu qu’un peuple afro-descendant puisse se constituer souverain par rupture révolutionnaire.
1804 ne correspondait à aucun modèle classique.
Ce n’était ni une succession reconnue, ni une négociation diplomatique validée, ni une séparation consentie.
C’était une rupture avec l’ordre international établi.
À cette époque, l’indépendance était généralement reconnue lorsqu’elle s’inscrivait dans des mécanismes acceptés par les puissances dominantes.
Hayti ne répondait pas à ces conditions.
Un peuple conscient de sa liberté et de son indépendance proclamait unilatéralement :
Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous-mêmes
Le droit international n’avait pas prévu ce scénario.
Comprendre cela permet de mieux saisir :
l’isolement diplomatique qui a suivi,
les résistances internationales,
les tensions juridiques prolongées.
Comment agir aujourd’hui si nous ne comprenons pas la nature exacte de la rupture fondatrice ?
Comment analyser notre trajectoire historique sans connaître le cadre juridique que nous avons brisé ?
Lire l’Acte d’Indépendance n’est pas un geste symbolique.`C’est un acte d’éducation politique.
Et c’est précisément ce que Carter G. Woodson défendait :
Un peuple conscient est un peuple qui lit ses textes.
Cet atelier n’est pas une commémoration.
C’est une démarche d’étude collective.
Dans un esprit inspiré d’Ubuntu : apprendre ensemble, réfléchir ensemble, grandir ensemble.
Nous allons :
Lire le texte intégralement
Examiner son vocabulaire
Comprendre son contexte international
Mesurer sa radicalité juridique
Interroger sa portée actuelle
Parce qu’un peuple qui ne lit pas son acte d’indépendance risque d’en ignorer la profondeur.
📍 3332 Rue Jarry Est, Montréal🗓 28 février 2026🕕 18 h à 21 h
Atelier animé par Bayyinah Bello, Organisé par Vizyon Munal / Akadémie X
Places limitées.
Le Mois de l’histoire des Noirs ne doit pas être uniquement un temps de célébration.
Il doit être un temps de formation.
Lire 1804, c’est comprendre la nature d’une rupture qui a défié l’ordre international de son époque.
Et comprendre cette rupture, c’est commencer à mesurer la profondeur réelle de notre souveraineté.